Marseille : le boxeur-auteur-éducateur des quartiers nord lance des ateliers d’écriture

SOCIÉTÉ – Publié le 28 octobre 2014 à 19h01

Il a beau avoir raccroché les gants de boxe en 2008, Claude (Youssouf Djibaba de son vrai nom) n’en a pas pour autant fini de se servir de ses mains. Aujourd’hui ce n’est plus pour distribuer des coups mais pour écrire des lignes. Il a en effet sorti Comme des rois (édition Wildproject) le mois dernier et ne compte pas s’en tenir là. Son nouveau cheval de bataille : amener les minots de la cité de la Visitation (Marseille, 14e) à l’écriture, sans distinction d’âge.

Mené conjointement avec l’association We record dont le local se trouve au coeur de la cité, son projet d’atelier d’écriture verra le jour en janvier 2015. Des artistes interviendront bénévolement et les frais de fonctionnement seront pris en charge par l’association We record qui récolte des fonds à l’occasion d’événements culturels.

« Pourquoi pas moi ? »

Octuple champion de France poids super-plumes et champion de l’Union Européenne, Claude, ce gamin de la Castellane (Marseille, 16e) a toujours eu le goût de l’écriture. D’abord il s’essaye aux textes de rap avant de raconter ses amis, sa cité, sa vie : « je racontais ce que je voyais depuis ma fenêtre ».

Ses frères et soeurs le poussent dans ce sens. « À la télé, un jour, j’ai vu un mec de cité qui venait de sortir un livre et je me suis dit pourquoi pas moi ? Pourquoi pas nous les mecs de cité ? » lance-t-il, convaincu. C’est de là qu’est né son livre Comme des rois, un roman qui retrace les aventures d’une bande de copains dans la cité.

Boxeur, auteur mais aussi éducateur

Depuis 20 ans, Claude est sur le terrain au plus près des jeunes. Rester proche des cités et s’investir malgré ses succès sportifs a toujours été un leitmotiv : « si je peux aider je le fais ». Aujourd’hui il est éducateur au sein de la PJJ (Protection Judiciaire de la Jeunesse). Son constat est sans appel : « avec les jeunes, c’est plus dur qu’avant. Difficile de les convaincre de s’investir pour un diplôme et gagner moins de 400€ par mois en formation quand d’autres leur donnent 100€ par jour pour faire le guetteur ».

Pour autant, il a des motifs d’espoirs pour le futur : « les associations, les acteurs de terrains et tous ceux qui contribuent à changer l’image des quartiers doivent être mis en lumière pour que les choses bougent vraiment. »

Hugo Lane
@LaneHugo

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