Les agriculteurs en colère distribuent des pommes sur le Vieux-Port

SOCIÉTÉ Publié le 5 novembre 2014 à 22h32

« Victimes d’acharnement administratif », c’est ainsi que les agriculteurs justifient leur colère. Entre 200 et 300 manifestants à Marseille, plus de 35 000 au niveau national, pour exprimer un ras-le-bol général sous les banderoles du FNSEA (Fédération Nationales des Exploitants Agricoles) et des JA (Jeunes Agriculteurs), à l’origine du mouvement. Après une opération escargot sur l’A7 et un bombardement à la pomme de la direction régionale de l’environnement, le cortège s’est installé sur le Vieux-Port pour une distribution gratuite de fruits. Objectif, dénoncer la crise généralisée que traverse la profession.

En juillet dernier, Ségolène Royal, ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, décide d’élargir la zone concernée par la directive nitrate. L’acte juridique vise à limiter les pollutions des nitrates et pesticides. Plus de 60 000 exploitations agricoles se retrouvent de fait hors-la-loi, contraintes d’investir massivement pour être aux normes. Ce décret a fortement contribué a détériorer le climat déjà tendu entre le gouvernement et les agriculteurs.

Patriotisme alimentaire

Les agriculteurs souhaitent que l’on valorise les produits français. Pour eux, « l’Etat et les collectivités doivent montrer l’exemple ». La FNSEA réclame que 2 plats sur 3 soient à base de produits français dans les cantines publiques. « Les produits français sont parmi les meilleurs du monde, tracés, sécurisés et de qualité », souligne dans un communiqué  Xavier Beulin, président de la FNSEA « cela mérite sans doute une autre considération que les chiffres que l’on connaît avec des taux allant jusqu’à 70 % d’import dans certaines cantines » ajoute-t-il. Une démarche qui permettrait d’affronter plus facilement la concurrence.

Les manifestants réclament aussi de nouvelles règles sur les marchés publics. En Union Européenne, les coûts du travail sont très différents d’un pays à l’autre. « Aujourd’hui en France, un employé au SMIC coûte environ 13,80€ de l’heure contre 6€ en Espagne ou en Allemagne », explique Denis, producteur de pêche dans les Bouches-du-Rhône.

Mobilisation réussie

D’après la FNSEA, le mouvement général à porté ses fruits. Selon eux, le Premier Ministre Manuel Valls s’est engagé à mobiliser les ministres concernés pour apporter rapidement des réponses concrètes aux revendications. Les agriculteurs assurent, quant à eux, qu’ils ne sont pas prêts de relâcher la tension.

Kévin Derveaux
@KevinDerveaux

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