Immersion au coeur du MIN avec Ali, un primeur marseillais

ÉCONOMIE – Publié le 25 décembre 2014 à 09h30

C’est le « petit Rungis marseillais ». Le Marché d’Intérêt National (MIN) est situé aux Arnavaux (Marseille 14ème). Il rassemble les paysans et les grossistes de la région, pour fournir les épiciers et autres primeurs de la cité phocéenne. CityPost a pu visiter ce lieu où s’échangent les caisses de salades et se négocient les fraises (même hors-saison) avec Ali, primeur à Marseille depuis 14 ans.

Pour lui, le MIN est un passage obligatoire quatre fois par semaine. À 3h30 pétantes, il se tient prêt devant l’entrée à bord de son camion. Une fois stationné, Ali commence son tour chez les paysans : « ils nous fournissent les produits locaux. À force de venir on sait chez qui aller pour les salades, chez qui aller pour les choux-fleurs… » L’homme à la bonne humeur communicative, en dépit de l’horaire matinal, connait tout le monde, enchaine les bises et les poignées de mains.

Deux places fortes

Une fois son diable chargé une première fois il part le vider à l’arrière de la camionnette. Après un second tour à scruter les produits des uns et des autres, Ali se décide à aller chez les grossistes. Le MIN est séparé en deux places fortes : d’un côté les paysans, de l’autre les grossistes. L’avantage de ces derniers « c’est qu’ils proposent des produits qui ne sont pas de saisons comme les pêches ou les cerises, avoir des cerises à Noël sur la table c’est beau non ? » sourit Ali.

Là-bas encore, le primeur connait tout le monde et a même ses vendeurs favoris. L’organisation est, de ce côté, plus hiérarchisée : un grossiste dirige un point de vente et des vendeurs sont répartis sur cet espace pour répondre aux clients. Les carnets de commandes se remplissent tandis que les palettes se vident à grande vitesse. Ali se dirige de façon quasi automatique vers José et Karim, deux vendeurs qu’il apprécie. Après quelques courtoisies et autant de blagues, il est temps de vérifier la marchandise. Tout est en ordre, il peut charger le camion.

Un métier difficile

C’est l’heure de la dernière inspection, Ali déniche des cerises à prix intéressant après quoi il s’accorde enfin un peu de répit. La pause café. En remuant son sucre, Ali l’admet : « c’est un métier pas facile, on travaille entre 18 et 20 heures par jour pour un salaire tout juste au-dessus du SMIC, mais on n’a pas le choix il faut travailler ! » Une chose le chagrine particulièrement : « on n’a pas de vie de famille, il arrive que je ne vois pas mes enfants pendant des journées entières alors qu’on est dans la même maison… »

Le café est fini, le marathon, lui, continue. Il est temps pour ce forçat des fruits et légumes de prendre la direction de son magasin de la rue Paradis, qui ouvre à 6 heures. La journée ne fait que commencer puisqu’il ne tirera le rideau que vers 21 heures…

Hugo Lane
@LaneHugo

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