La chocolaterie de Saint-Menet tourne à plein régime

ÉCONOMIE – Publié le jeudi 11 décembre 2014 à 19h30

À peine arrivé devant l’usine, le parfum du chocolat chatouille les narines. L’usine de chocolat de Saint-Memet (Marseille 11ème) a rouvert ses portes en 2012 sous le nom « Chocolaterie de Provence ». L’usine qui couvre 4,5 hectares est remplie de machines rappelant Les Temps Modernes de Chaplin : marmites, tuyaux, turbines, thermomètres, écrous…

Des repreneurs russes

En 62 ans d’existence, la fabrique à chocolat a connu trois propriétaires. Nestlé a fermé son site en 2005, pas assez rentable. La première entreprise agroalimentaire mondiale en 2013 est ensuite remplacée par Netcacao qui ne fera pas long feu. Au bout de 6 ans, Netcacao dépose le bilan. Nous sommes alors en 2011 et on s’active du côté de la Russie pour racheter le site.

L’année suivante, le DAR (une entreprise russe qui investit dans les projets régionaux) et l’UEM (une usine d’électromécanique basée en Russie) rachètent la chocolaterie pour 2,25 millions d’euros. Yulia Serykh, l’une des actionnaires, prend la tête de la chocolaterie à seulement 26 ans. Et quand on lui dit qu’elle a un profil atypique elle répond laconiquement : « oui, je suis une femme, jeune, russe, dirigeante d’entreprise… Mais pourquoi  pas ? ».

Le marché du casher

À ce jour, 15,5 millions d’euros ont été investis dans la Chocolaterie de Provence qui souhaite se stabiliser grâce au chocolat industriel (pépites, poudre de cacao…) avant d’attaquer le marché des tablettes. En 2014, 70% de la production était destinée aux industriels. D’ici fin 2015, la confiserie compte bien investir le marché de la grande distribution en France mais exclut catégoriquement la possibilité de produire pour les marques distributeur « car nous souhaitons rester sur des produits de haute qualité. Nos fèves proviennent de trois pays différents : la Côte d’Ivoire, le Ghana et l’Équateur » confie Philippe Scano, le directeur d’établissement.

L’autre cheval de bataille de la Chocolaterie de Provence, c’est le marché du casher. L’entreprise prévoit la production de 2 000 tonnes de chocolat casher par an moulées sur trois lignes (sur quatre !) supervisées par un rabbin pour le marché des Etats-Unis, d’Israël et du Royaume-Uni. Actuellement, la confiserie réalise déjà 95% de son chiffre d’affaire à l’étranger. Sous peu, la boutique d’usine va rouvrir ses portes pour le plaisir des habitants des environs…

Hugo Lane
@LaneHugo

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