Vers la qualité et l’équité des soins pour tous les Méditerranéens ?

SANTÉPublié le 4 décembre 2014 à 13H45

« Assurer une qualité et une équité des soins » pour tous les habitants du pourtour méditerranéen, le rêve d’Ahmed Maherzi, doyen de la faculté de médecine de Tunis. L’homme à la bonne humeur communicative prend part à l’HopitalExpo Méditerranée (les 3 et 4 décembre 2014 au Parc Chanot, Marseille). Un salon qui vise à rassembler les acteurs de santé des pays de la Méditerranée pour penser un réseau. Parmi les participants on trouve des Européens et des délégations d’Afrique du Nord et du Proche-Orient.

La qualité du système de santé français a été louée à de multiples reprises au cours des tables rondes qui ont émaillé ce salon. Alexander Eggermont, directeur de l’institut Gustave Roussy (un centre régional de recherche contre le cancer basé en région parisienne), s’est montré dithyrambique sur la qualité des médecins français lors de la première table ronde : « je suis d’origine hollandaise et je peux vous assurer que nulle part je n’ai vu autant de qualité qu’en France au niveau des praticiens de santé ».

Le transfert de compétences indispensable

Mais après les louanges, ce professeur en chirurgie oncologique a insisté sur le nécessaire « transfert de compétences » vers les pays de la rive sud de la Méditerranée : « c’est une bonne chose que de livrer des hôpitaux clé en mains mais cela doit s’accompagner de formation pour les futurs médecins locaux ».

On constate de nos jours « une forte transition épidémiologique » dans les pays de la rive sud d’après Larbi Lamri, économiste de la santé à l’université d’Alger. C’est-à-dire que les maladies propres aux pays pauvres peuvent être traités sans problèmes. Les nouveaux défis concernent les maladies dites « de pays riches » comme le diabète ou les cancers. C’est pourquoi l’Algérie est notamment demandeuse d’hôpitaux et de structures spécialisées. « Nous avons besoin de l’expérience française » conclut-il.

Deux rives et les mêmes problématiques sanitaires

Pour Ahmed Maherzi, le mimétisme est d’autant plus flagrant que les pays du Maghreb font face aux mêmes problématiques que la France en matière de santé : « les inégalités de soins par rapport aux territoires, les déserts médicaux, les pénuries de médecins… ». Pour palier à ces problèmes, la France fait d’ailleurs de plus en plus appel à des professionnels de santé formés à l’étranger : + 60% par rapport à 2007 d’après l’Ordre des médecins. Près de 40% des diplômés extra-européens viennent d’Algérie, attestant de la qualité du transfert de compétence.

L’influence historique de la France au Maghreb ou dans des pays du Proche-Orient tels que le Liban, permettent également d’asseoir une unité autour de la Francophonie. Unité linguistique mais aussi (et surtout) culturelle. Lors des Med Business Days (6 et 7 novembre 2014 à la Villa Méditerranée, Marseille), des entrepreneurs avaient soulevé la possibilité d’un réseau d’affaires méditerranéen. Les délégations étrangères rencontrées à l’HopitalExpo Méditerranée semblent convaincues de la pertinence d’étendre ce réseau au secteur de la santé…

Hugo Lane
@LaneHugo

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