Logisol se bat pour protéger les familles à la rue

SOCIÉTÉPublié le 20 janvier 2015 à 18h03

Au premier regard, le 35 de la rue Sénac est un immeuble comme les autres du 1er arrondissement de Marseille. Personne ne s’imagine qu’une fois passé la lourde porte, le visiteur se retrouve dans l’Hôtel de la Famille. Un foyer d’urgence pour famille en détresse. Ce lieu d’hébergement est géré par l’association Logisol. Christine Di Majo y a séjourné deux mois.

« Je me suis retrouvée dehors avec un bébé d’un an et demie et trois grands garçons », se remémore la mère de famille. Expulsion locative suite à la vente de l’appartement. Situation financière ne permettant pas de séduire un nouveau bailleur. Période d’errance entre la rue, les appels au 115, les foyers et les hôtels à crédit… Le parcours déjà trop classique des familles en situation précaire. « C’est grâce à une assistante sociale que je suis rentrée en contact avec Logisol », poursuit Christine Di Majo, le regard dans les souvenirs. « Une place s’est libérée à l’Hôtel de la Famille. On est arrivé stressé, sans savoir où on mettait les pieds. Mais très vite j’ai compris que Logisol était un vecteur de chaleur humaine, qu’on était à l’abri et qu’on allait nous aider. » Christine signe ensuite un contrat de séjour de deux mois, la durée maximale de l’hébergement à l’Hôtel de la Famille. Mais le soutien de Logisol va au delà de l’hébergement d’urgence.

De l’hébergement d’urgence à la réinsertion sociale

« Le fond de notre travail c’est d’accompagner ces familles vers une réinsertion qui doit être durable », affirme Sylvain Rastoin, directeur de Logisol depuis 17 ans. Au delà des 40 places d’hébergement d’urgence, l’association propose 54 places en CHRS (centre d’hébergement et de réinsertion sociale), des appartements répartis dans divers endroits de la ville. Pour intégrer ces logements, les familles dessinent un projet d’accompagnement social avec Logisol et signent un contrat. « La volonté de Logisol est de travailler avec les familles sur toutes les raisons qui les ont conduites à perdre leur logement » précise le directeur.

Selon lui, les équipes de Logisol travaillent sur des problématiques complexes où plusieurs facteurs sont mêlés comme l’emploi, la santé, l’éducation ou encore la gestion du budget. Christine Di Majo corrobore les dires de Sylvain Rastoin, « Les membres de l’équipe travaillent avec passion et humanité, ils font le maximum pour que les familles aient tout pour continuer à progresser en quittant Logisol. » Après trois années d’échange et de travail avec l’association, Christine emménagera fin février 2015 dans un logement pérenne.

Logisol dispose également d’un centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA)  de 51 places. L’association mène ce combat pour la protection des familles depuis 20 ans, les bénévoles sont les bienvenus. En décembre 2014, selon les chiffres du baromètre 115, plus de 8 000 familles dans 37 départements ont sollicité le samu social pour un hébergement d’urgence.

Kévin Derveaux
@KevinDerveaux

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