Marseille : des militants luttent pour préserver un espace vert

TERRITOIREPublié le 28 janvier 2015

La pelleteuse est à l’arrêt mais la plupart des arbres du square Michel Levy jonchent déjà le sol. Ce petit parc de la rue Pierre Laurent est l’objet d’un conflit entre une partie des habitants de ce quartier du 6ème arrondissement de Marseille, la mairie de secteur et les représentants du Comité d’intérêts de quartier (CIQ). Au coeur de la polémique : la construction d’un parking souterrain de 300 places et de 49 logements sociaux à la place du square.

Le chantier démarre le 21 janvier. Le lendemain, les militants qui s’opposent au projet investissent le parc, au sol et dans les arbres, pour tenter coûte que coûte de préserver l’espace vert. « Tout s’est passé très vite », raconte Muriel Wolff, représentante du comité de soutien au square Michel Levy. « En quelques minutes platanes et micocouliers étaient par terre, certains étaient centenaires. Un vrai carnage, il fallait réagir. On occupe le parc 24h sur 24h de manière pacifique parce qu’on veut vraiment s’opposer au projet. » 

Un parking à la place d’un espace vert ?

La bétonisation et la privatisation d’un espace vert public reste en travers de la gorge de nombreux habitants. La mairie du 4ème secteur (6ème et 8ème arrondissements) a l’obligation de construire des logements sociaux, « mais pourquoi pas dans le 8ème, s’exclame un riverain en colère, ici on est déjà saturé de béton » Et Muriel Wolff d’ajouter « c’est pas possible qu’on supprime tous les espaces verts de proximité au nom d’intérêts douteux ». Mais tous les habitants ne sont pas du même avis.

Les membres du CIQ Baille-Lodi estiment que le projet n’est pas néfaste pour le quartier. Ils affirment que « le parc sera refait, en moins grand certes, mais on aura un parking de 300 places, vous vous rendez compte ? Le stationnement dans le quartier, c’est devenu invivable ». Ce à quoi Muriel Wolff répond « la dalle en béton du parking empêchera de replanter des arbres de haute-tiges ». Silence radio du côté de la mairie.  Monique Vedel, présidente du CIQ, avoue qu’elle se sent « abandonnée, entre le marteau et l’enclume. » Elle souhaiterait qu’on lui manifeste plus de soutien et que la mairie s’implique pour trouver une issue au conflit.  Yves Moraine, maire du 4ème secteur, n’a pas souhaité nous répondre à ce sujet.

Le square Michel Levy est aujourd’hui devenu une ZAD, zone à défendre. Elle reçoit un soutien national de la part de nombreux militants qui sont déterminés à poursuivre l’occupation.

Kévin Derveaux
@KevinDerveaux

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