L’Embobineuse : scène underground en danger cherche donateurs !

CULTUREPublié le 5 février 2015 à 19h00

L’Embobineuse est au bout du rouleau. Cette salle de la scène underground marseillaise s’essouffle et a décidé de faire appel à ses habitués pour s’en sortir. Objectif : récolter 40 000 euros pour combler le déficit. Les donateurs se verront offrir un cadeau proportionnel à la somme versée. Et là encore, la salle ne fait rien comme les autres. Par exemple, pour 5€ on peut avoir son nom inscrit en lettres d’or dans les toilettes de la salle, pour 150€ une visite guidée de L’Embobineuse avec un membre fondateur qui raconte les histoires insolites des lieux. Comme celle de ce chien, percuté par un train qui trônait dans un bac de solution alcoolique au fond de la cour. À l’époque, les « embobinés » (les créateurs de la salle) emmenaient les clients incorrects se détendre dans la cour et voir celui qu’ils avaient baptisé « le gardien ». Effet garanti, « on en a fait flipper plus d’un » se marre Félix qui a contribué à créer les lieux.

La salle était jadis une usine de bobinage qu’il a fallu nettoyer, vider et mettre aux normes pour en faire une salle digne de ce nom. Sauf que tout cela a un coût. Chaque année depuis dix ans, l’équipe perd environ 4 000 €. « On a fini chaque année dans le rouge et on aurait pu fermer à chaque fois. Mais aujourd’hui la corde est trop tendue, on a des comptes à rendre à nos créanciers et ça ne peut plus durer. On est obligé de compter sur la générosités de nos visiteurs » explique Félix. Sur son site web, l’équipe a peur mais l’affirme dans un style bien personnel, humoristico-trasho-émouvant : « c’est le cul croûteux et acculés que nous vous annonçons qu’il y a le feu au lac, et que tout bien réfléchi, heu… en fait… 10 ans, c’est un peu jeune pour mourir, non ? »

800 soirées et 4 000 adhérents

En dix ans, les embobinés ont organisé plus de 800 soirées toutes plus inclassables les unes que les autres. Aujourd’hui, plus de 4 000 personnes ont adhéré à la salle. Des adhésions qui ont permis de maintenir le navire à flot. Le budget annuel s’élève à 180 000€ dont 65% auto-financé. En général, les fonds propres représentent 50% des budgets. L’Embobineuse fait décidément figure d’exception. Son implantation géographique est également loin d’être ordinaire. Coincée entre la rue Loubon et la rue Belle de Mai, difficile d’attirer les fêtards dans ce coin mal desservi et à la réputation sulfureuse. Mais c’est le choix qu’on fait les créateurs, conquis par ce quartiers naguère rempli d’usines qui leur a offert un terrain propice à de nombreuses découvertes.

« On a pu récupérer plein d’objets comme des bobines électriques, des vieux moteurs, des pièces rouillées ou encore des animaux momifiés ! » affirme Félix. Autant de pièces qui ont permis de remplir le Musée des horreurs, oeuvre d’art psychédélique et aussi, il faut l’avouer, un peu effrayante à l’image de cette salle résolument underground. « On programme surtout des musiques curieuses » lance Mathieu, le programmateur. Cette forme d’art n’est pas à la portée de tous. Incomprises ou même détestées, les performances et les concerts qui se tiennent à L’Embo, comme disent les connaisseurs, ne sont pas à la portée de tous, « mais on a envie que cette forme d’art puisse exister » termine Félix.

Si vous souhaitez contribuer à la survie de L’Embobineuse, rendez-vous ici :

http://www.lembobineuse.biz/don/fr/donum-apello/

Hugo Lane
@LaneHugo

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