Orphelin’Art : des étudiants donnent une nouvelle vie aux meubles abandonnés

ENTREPRENEURIAT Publié le 25 février à 19h30

On trouve de tout dans les rues de Marseille. Et ça, les membres de l’association Orphelin’Art l’ont bien compris. C’est pourquoi ils ont décidé de ramasser les objets malaimés trouvés dans la rue pour leur donner une seconde jeunesse. Après les avoir lavés, repeints et décorés, ils assurent la livraison au domicile de l’acheteur. La bricothèque constitue un partenaire précieux pour ces bricoleurs en herbe. Cette structure associative met à disposition des outils et des espaces de travail. Mais bien souvent le stockage et le « retapage » se déroulent chez Bastien, un des membres fondateurs de l’association. Aux pieds de son lit, palettes, chaises bancales et mêmes couteaux rouillés sont au rendez-vous.

« Une fois nous avons dû porter deux énormes fauteuils jusqu’au cours Julien, c’était assez physique ! » se souvient Bastien. Avec quarante euros pièce, les deux sofas en cuir et bois massifs constituent également les objets les plus chers jamais vendus par cette association créée en mars 2014. « Les prix oscillent plus entre 8 et 12 euros car nous nous adressons aux étudiants qui n’ont pas nécessairement beaucoup de moyens » explique Shayram, le président de l’association. Leurs créations sont en vente sur le site web et sur Facebook. Et si le cœur de cible est actuellement constitué par les étudiants, les membres d’Orphelin’Art n’excluent pas de s’adresser à un public plus large.

Pérenniser l’association

À ce jour, Orphelin’Art connait des débuts modestes mais encourageants : 34 meubles retapés et 450 € d’engrangés. Mais ces autodidactes du bricolage ont également déjà eu d’autres rentrées d’argent. Ils ont notamment remporté le prix du Phare organisé par Kedge qui leur a permis de faire rentrer 500 € dans les caisses. Un crowdfunding a également permis de récolter 300 €. De l’argent qui les a aidé à « financer la campagne de communication autour de l’association » souligne Shayram. Ils ont inventé, par exemple, un pictogramme d’une personne plaçant dans son chariot un meuble assorti du slogan « Adopte un meuble ». Clin d’oeil satyrique à un célèbre site de rencontre…

Mais pour qu’Orphelin’Art puisse vivre encore longtemps, les futurs commerciaux ont pensé à une stratégie. « On voudrait développer des partenariats avec des entreprise privées ou encore faire des demande de subventions auprès de la Mairie de Marseille, ou du Conseil général » lance Iannis, cadet de la troupe et trésorier de l’association. D’ici le mois de mai, ils espèrent pouvoir créer un contrat de 8 heures/semaine rémunéré 300 €/mois. La transmission est également au cœur de leur attention. En proposant des ateliers au lycéens, les membres d’Orphelin’Art entendent véhiculer le goût de l’artisanat et de l’entreprenariat aux futurs étudiants…

Hugo Lane
@LaneHugo

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