Bientôt des champignons dans vos réservoirs ?

SCIENCESPublié le 3 mars 2015 à 19h00

Faire tourner une voiture grâce aux champignons, c’est ce que développe une équipe de cherche en biodiversité et biotechnologie fongique à Luminy (Marseille, 9ème). Biologistes, chimistes et ingénieurs collaborent pour créer une nouvelle forme de carburant éco-responsable. L’amenuisement progressif des ressources et l’orientation vers les solutions durables conduit à trouver de nouveaux moyens pour faire tourner nos véhicules. La découverte des scientifiques marseillais se veut une réponse à ce double défi.

Le souhait des chercheurs est de créer un un bioéthanol de deuxième génération, c’est-à-dire qui provient de déchets végétaux ou de résidus issus de l’industrie agro-alimentaire. L’avantage de la deuxième génération c’est qu’elle n’est pas en concurrence avec la filière de l’alimentation. Tandis que, les biocarburants de première génération utilisent la betterave ou la canne à sucre, la seconde s’appuie sur le bois, les feuilles ou la paille. Inutile de choisir entre manger et conduire.

Des champignons pour faire de l’éthanol pur

Pour arriver à un produit qui fait rouler une voiture de nombreuses étapes sont nécessaires. Ramassés en forêt (en métropole ou dans les DOM-TOM) par des chercheurs, ces champignons que l’on trouve surtout sur du bois sont ensuite isolés et mis en culture. Placés dans des tubes à essais ou dans un bain d’azote, ils sont conservés précieusement dans le laboratoire. Les champignons contiennent des enzymes capable de détériorer la biomasse en glucose. Celui-ci est extrait puis fermenté et enfin distillé pour donner de l’éthanol pur. C’est ce produit qui sert de carburant. Il doit d’ailleurs être mélangé à de l’essence dans des proportions de 15%.

Les recherches se déroulent dans une unité mixte de recherche où travaillent à la fois des chercheurs d’Aix-Marseille Université et de l’Institut national de recherche agronomique (INRA). Mais le programme dans son ensemble est affilié à Futurol, un projet qui vise à développer la production de bioéthanol à grande échelle. Depuis 2011, une unité pilote a vu le jour à Pomacle-Bazancourt (51) et traite des dizaines de tonnes de matière organique par jour et produit environ 100 tonnes d’éthanol par an. La prochaine étape : l’industrialisation du process pour produire entre 60 000 et 80 000 tonnes d’éthanol par an.

Hugo Lane
@LaneHugo

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