Etat des lieux de la presse à Marseille

SOCIÉTÉPublié le 31 mars 2015 à 9h50

A Marseille comme ailleurs, le secteur de la presse est en crise. Le site d’informations marsactu.fr a été liquidé le 4 mars. La Marseillaise et le Ravi ont été placés en redressement judiciaire. La chaine d’info locale LCM, rachetée par le groupe Médias du Sud, a quant à elle vu ses effectifs se réduire comme peau de chagrin, passant en l’espace de quelques semaines de 15 journalistes à un seul titulaire, entouré de stagiaires. Même La Provence, mastodonte médiatique du paysage local, connait des difficultés. En effet, le 25 mars dernier, la direction du groupe annonçait une soixantaine de départ, la fusion de plusieurs locales et une hausse du prix de vente (qui s’élève aujourd’hui à 1,10€).

Une véritable hécatombe qui n’augure rien de bon pour la suite. Pour autant, les acteurs de ces médias refusent de se décourager et de sombrer dans le fatalisme. Benoît Gilles, ancien rédacteur en chef de Marsactu, et d’autres anciens du média projettent de « lancer un nouveau site d’info à forte valeur ajoutée car c’est notre ADN. On ne peut pas se contenter de mettre deux points de vue et se dire qu’on a fait notre boulot ! Il faut un travail bien plus poussé ». Un site qui fonctionnerait sous forme d’abonnement pour « faire vivre l’esprit Marsactu ». Les abonnements, c’est aussi ce qu’espère engranger Michel Gairaud, le rédacteur en chef du Ravi : « avec 5 000 abonnés supplémentaires, on se stabilise pour l’année entière. »

Proposer une variété d’interprétations

Chez La Marseillaise, quotidien historique local, on compte bien sur cette mauvaise passe pour repartir de plus belle avec de nouvelles ambitions. « Il va falloir se révolutionner pour pouvoir affronter les nouveaux défis qui s’annoncent face à nous […] comme le modèle économique, les liens avec nos lecteurs, la question du numérique également… » précise Sébastien Madau, le rédacteur en chef de l’édition Marseille.

Des médias qui ferment ou qui ne peuvent faire autrement que de se séparer de collaborateurs, ce sont des journalistes au chômage pour une durée indéterminée. Mais il y a également une certaine idée de la société que l’on veut avoir. En proposant une grande variété d’interprétations de l’actualité locale, le citoyen a le choix. Celui de se forger sa propre analyse en confrontants différents éclairages. A l’heure où les applications pour smartphones et les chaines d’information en continu rendent compte de l’actualité de façon instantanée, il semble nécessaire de se remettre en question, de se renouveler pour ne pas sombrer…

Hugo Lane
@LaneHugo

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