« Ils l’ont fait », le film système D

CULTUREPublié le 9 mars à 19h00

Cinéma l’Alhambra, jeudi 5 mars, 20h. Quelques dizaines de personnes se massent pour assister à la projection du film « Ils l’ont fait ». Le récit de Khalifa Camara, jeune homme du Val-Fourré (Mantes-la-Jolie, 78) qui part en croisade ou plutôt en campagne contre le maire clientéliste, raciste et misogyne de sa ville, Jacques Adie. On assiste alors à l’irrésistible ascension d’un jeune homme de banlieue qui parvient à convaincre ses potes de se joindre à lui pour présenter une liste aux élections. Certains le prennent pour un fou, d’autres y croient. À charge du candidat désormais de convaincre la cité de se présenter aux urnes et de voter pour lui. À coups de slogans imagés tels que « Voter pour nous, c’est voter pour vous ! » ou « Votez pour nous, ils vont avoir le seum ! », les membres de la Fédération des Banlieues de France entend bien arriver à ses fin…

Comédie réalisée en deux ans par quatre amis du Val-Fourré, ce film adresse un message républicain à tous les jeunes de quartiers populaires qui se sentent délaissés par les pouvoirs publics. Par la caricature (parfois excessive), l’équipe veut montrer qu’avec de la volonté et de l’imagination les jeunes peuvent aussi accéder à un poste à responsabilité comme celui de maire.

Le public de l’Alhambra, lui, est conquis. Il rit au éclats et participe volontiers au débat organisé après la projection. Au menu : la politique, l’implication (ou plutôt l’absence d’implication) de la jeunesse de ces quartiers dans la vie politique ou encore l’égalité des chances. S’il a apprécié le film, Omar regrette malgré tout « l’absence des jeunes de banlieue, abstentionnistes qui ne croient plus en la politique ». Kader a quant à lui été « conquis par le message optimiste des réalisateurs ».

« Dans ce film, on rigole de choses qui, en réalité, ne sont pas drôles du tout comme l’abstentionnisme ou le fait que des jeunes se sentent totalement exclus du système » explique Majid Eddaikhane, un des scénaristes. Mais c’est bien un message d’espoir que les quatre compères ont voulu diffuser. Un message d’espoir contre le fatalisme ambiant et l’idée que la motivation et l’implication peuvent contrer la corruption et le clientélisme. Le film se déroule dans un quartier de Mantes-la-Jolie, mais vaut également pour beaucoup de quartiers de France…

Hugo Lane
@LaneHugo

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