Lieux Saints Partagés, l’expo qui bouscule les certitudes

CULTUREPublié le 29 avril à 17h03

Des fidèles de religions différentes qui occupent et se partagent les mêmes lieux saints en toute sérénité… Ce n’est pas de l’utopie mais un phénomène peu connu du grand public pourtant très présent sur le pourtour méditerranéen.  Lieux Saints Partagés, le nom de la nouvelle exposition proposée par le MuCEM du 29 avril au 31 aout. Peintures, écrits, photos, vidéos, sons… Plus de 1000 m2 qui bousculent les préjugés et chassent les certitudes sur les rapports entre islam, judaïsme et christianisme.

Cette exposition inédite révèle que ces trois religions monothéistes partagent bien plus qu’on ne l’imagine : des figures bibliques, des saints, des lieux, des pratiques. « Ce sont des faits à la fois historique et contemporains qui offrent de nouvelles grilles de lecture pour le monde qui nous entoure », souligne Isabelle Marquette, conservatrice du patrimoine au MuCEM.

Au fil de l’exposition on découvre par exemple que chaque année, près de 100 000 musulmans se rendent en pèlerinage dans un monastère chrétien sur une île au large d’Istanbul ; qu’à Djerba, juifs et musulmans fréquentent la synagogue de Ghriba et se déchaussent en entrant ; ou encore que de nombreux musulmans prient chaque jours à Notre-Dame-de-la-Garde.

Ces nouveaux éclairages tombent à pic dans un climat de tensions inter-religieuses. « Nous pensons que ce partage est très significatif et qu’il est important d’en parler aujourd’hui dans le climat actuel », explique Dionigi Albera, anthropologue et commissaire général de l’exposition. Il ajoute : « sans prendre position, il y a un désir d’offrir de l’espoir aux gens, de montrer que la religion ne peut pas être réduite aux agissements de minorités. » 

Kévin Derveaux
@KevinDerveaux

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