Hommel : artisan luthier depuis 1877

TERRITOIRE – Publié le 1 mai 2015 à 12h29

140 ans. Bientôt 140 ans que la maison de lutherie Hommel existe. En réalité, elle n’est dans la famille que depuis 1981, lorsque Charles-Luc, le papa, décide de racheter le fond de commerce dont il est encore aujourd’hui le patron. Fondée en 1887, la maison est passée entre plusieurs mains au cours des décennies mais est restée fidèle à ses principes : ici on travaille le bois dans un silence religieux pour produire des violons, véritables petits bijoux vernis.

Depuis 15 ans, Charles-Luc Hommel travaille avec son fils Camille : « je m’entends très bien avec mon père et c’est une bonne chose de pouvoir travailler ensemble on s’apporte beaucoup l’un l’autre et il me fait découvrir de nouvelles facettes de mon métier » affirme le fiston. Charles-Luc sait ce que c’est. Il a également gravi les échelons petit à petit jusqu’à travailler chez Etienne Vatelot, célèbre luthier parisien, avant de venir sur Marseille.

1 violon = 150 heures

Pour cet homme aux cheveux blancs, la musique n’est pas assez aidée en France. « Pour moi, c’est aussi important que les mathématiques et il faut encourager la pratique de la musique » explique-t-il avec calme, comme pour ne pas perturber la sérénité qui règne dans l’atelier. Car s’il est d’usage de parler de « travail d’orfèvre », on pourrait légitimement parler de « travail de luthier ». Les artisans creusent leurs instruments dans le bois brut avec une précision et une passion indispensables lorsque l’on sait qu’il faut environ 150 heures (soit environ 1 mois) de travail pour produire un violon.

Dans l’atelier, un troisième homme estime quant à lui qu’il lui faudra « six mois » pour achever son ouvrage. Cet homme, c’est Serge, un pharmacien à la retraite qui s’est mis en tête de créer un violon de ses mains. Violoniste lui-même, il voulait voir par lui-même comment on s’y prend. « En théorie je connais les techniques de fabrication […] mais entre ça et le faire vraiment, ça n’a rien à voir » sourit-il. Par profession ou par hobbies, lutherie rime toujours avec passion.

Chaque semaine, retrouvez le portrait d’un artisan local sur CityPost en partenariat avec la Chambre des métiers et de l’artisanat.

Hugo Lane
@LaneHugo

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