« Être restauratrice d’oeuvres d’arts, c’est être MacGyver ! »

TERRITOIREPublié le 26 juin 2015 à 15h22

L’endroit est silencieux, la concentration est de mise. À la lueur d’un spot, Caroline Dinet s’occupe d’un « cas », comme elle dit. Au fil chirurgical, au bistouri et au scalpel, elle s’applique à prolonger sa vie. Point d’êtres vivants entre ses mains expertes mais une oeuvre d’art. Caroline a 27 ans, elle est restauratrice d’oeuvres peintes et occupe un petit atelier dans le village de Rognes depuis un an. Selon ses dires, venir travailler « c’est que du bonheur ».

La jeune femme aux yeux azur porte ce métier en elle depuis son plus jeune âge : « je ne saurais pas expliquer d’où ça vient j’ai toujours voulu faire ce métier ». Une fois son bac en poche, elle intègre l’école d’art d’Avignon, l’une des trois écoles en France qui permettent de travailler avec les musées nationaux. Là, elle découvre qu’un de ses aïeux était « l’un des tous premiers restaurateurs de l’histoire » : Étienne Dinet, auteur des Fléaux de la peinture (fin XIXe, début XXe). Pour effectuer son master, Caroline prend le chemin de la capitale….de Belgique et l’école de La Cambre. Titulaire d’un diplôme européen, elle rentre dans le Sud et, après deux années d’exercice, s’installe dans son actuel atelier.

De la difficulté de se faire une place

Dans le métier, la jeunesse a ses avantages et ses inconvénients. Si un restaurateur fraichement sorti de l’école a fait le plein de nouvelles techniques, parfois méconnues des anciens, il pêche en revanche au niveau de la légitimité. « C’est souvent difficile de paraître crédible aux yeux des musées car on a peu d’expérience et qu’on n’est pas connus » déplore Caroline. Quelques musées et des particuliers lui accordent toutefois leur confiance.

La passion de sa profession, c’est son moteur : « quand on voit un tableau arriver tout déchiré et qu’on parvient à le restaurer c’est vraiment chouette ! […] On devient un peu MacGyver car il faut sans cesse trouver de nouvelles techniques ». Le lien entre la restauration d’oeuvres peintes et une série de la fin des années 80 ne sautait pas a priori aux yeux… Mais alors pour exercer le métier, faut-il se laisser pousser une nuque longue ?

Chaque semaine, retrouvez le portrait d’un artisan local sur CityPost en partenariat avec la Chambre des métiers et de l’artisanat.

Hugo Lane
@LaneHugo

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