La belle réussite des ateliers LEA

CULTUREPublié le 25 juin à 18h47

La salle s’obscurcit, tout le monde se tait. Non, nous ne sommes pas au cinéma mais dans une salle de réception de la Préfecture des Bouches-du-Rhône (Marseille, 6e). Ce mercredi 24 juin, point de hauts-fonctionnaires mais des enfants, parfois accompagnés de leurs parents, issus des quartiers nord de la ville. C’est la restitution des ateliers LEA (Lecture et Écriture Artistique) avec la projection des courts-métrages élaborés tout au long de l’année.

Des histoires du quotidien

Tour à tour, les groupes de la Busserine, Font-Vert et Saint-Mauront montent sur l’estrade après projection de leurs films. Il ne manque que le groupe de Saint-Antoine, victime d’un problème de transport. Chacun reçoit un DVD de son film sous les applaudissements. Les courts-métrages font sourire l’assemblée. Les protagonistes sont souvent gênés de se voir à l’écran mais on retiendra surtout la bonne ambiance qui a régné au cours de la cérémonie.

Les films racontent des histoires du quotidien : un emménagement dans une cité, un jour de mariage, la vie d’une cage d’escalier ou encore les occupations d’un groupe de copains. Des films entièrement écrits par les scénaristes/acteurs en herbe. Rapprocher ces publics souvent en difficulté scolaire de l’écriture et de la lecture c’était l’ambition première du projet LEA : « Nous avons embarqué des enfants qui se sont mis à écrire et lire sans s’en apercevoir » se félicite Catherine Vestieu, directrice de production chez Ph’Art et Balises (l’association à l’origine du projet).

« Un bon petit succès »

« C’est un bon petit succès, poursuit-elle, les acteurs du projet nous ont dit : ”on repart l’année prochaine avec vous ?” c’est le meilleur retour qu’on puisse nous faire ». Parmi ces acteurs du projet, on compte Urban Prod, bien sûr, qui a permis la réalisation de films et en a coordonné l’élaboration, et les centres sociaux, véritables relais auprès des habitants. Myriam Halima Filali est animatrice à l’ASC Famille en action basé à Saint-Mauront (Marseille, 3e) : « Je trouve qu’on n’est pas passés inaperçus, ils ont fait une cérémonie, ils parlent de nous diffuser au cinéma l’Alhambra, les jeunes sont contents ». Elle a également constaté des progrès chez certains jeunes « un peu trop introvertis […] qui s’en sont très bien sortis ».

L’animatrice qui a également tenu un rôle dans le film entend bien recommencer l’an prochain « tout comme pas mal d’enfants ». Marie Lajus, préfète déléguée à l’égalité des chances, est du même avis : « on entend que ce projet continue à se développer dans Marseille dans les années qui viennent. Nous allons continuer à soutenir cette action ». Reste que la pérennité d’un tel projet demeure liée aux financements des partenaires. Il semble que la préfecture soit décidée à poursuivre l’aventure. Mais qu’en sera-t-il en cas de changement de majorité au conseil régional en décembre prochain ?

Hugo Lane
@LaneHugo

Pour revoir les deux premiers épisode de notre série sur les courts-métrages des quartiers nord :

Épisode 1 > DES ENFANTS DES QUARTIERS NORD À LA RÉALISATION DE COURTS-MÉTRAGES

Épisode 2 > SILENCE, ON TOURNE DANS LES QUARTIERS NORD !

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