Un nouveau regard sur les dieux de l’Antiquité au MuCEM

CULTURE Publié le 23 juin 2015 à 16h21

Idoles de pierre, d’os ou de bronze, la nouvelle exposition du MuCEM présente plus de 200 pièces, certaines âgées de 4000 ans. Migrations divines se penche sur trois civilisations antiques du bassin méditerranéen : l’Égypte, la Grèce et Rome, pour mettre en lumière leur représentations divines, leur croyances. Trois religions polythéistes qui partagent plus de choses qu’on ne le pense.

Des questions éternelles

« Pourquoi sommes-nous sur Terre ? Qui a créé le monde ? Existe-t-il une vie après la mort ? » Myriame Morel-Deledalle, commissaire générale de l’exposition, énumère les questions existentielles que se posaient les Hommes des civilisations antiques. « Des questions éternelles qui correspondent à celles que se posent les Hommes d’aujourd’hui. Ca devrait donner envie aux gens de venir», souligne la commissaire.

Sur 800 mètres-carrés, Migrations divines raconte comment l’Égypte, la Grèce et la Rome antique imaginaient les dieux. Une balade initiatique rythmée en trois étapes : Panthéons, qui présente les divinités de chaque culte polythéiste ; L’homme en quête d’éternité, qui raconte les relations entre les hommes et les dieux ; et enfin Rencontres et échanges, les surprenantes relations et emprunts inter-religieux. Car c’est un fait, les trois civilisations antiques ont appris les unes des autres.

Échanges de rites et croyances

« Chaque religions est spécifiques selon ses origines, mais toutes finissent par se rencontrer », explique Jean-Luc Chappaz, commissaire associé de l’exposition. Commerce, guerre, exode, les mouvements de population en Méditerranée ont amené à des échanges de croyances, de rites, de divinités.

« Dans les religions polythéistes, on est pas surpris de croiser d’autres dieux. Si cette divinité a des pouvoirs qui n’existent pas dans notre religion d’origine, pourquoi ne pas l’adopter ? », sourit le commissaire. Dans l’Antiquité, partager des rites et des croyances ne rimait pas avec renier sa propre religion. « La tolérance et le savoir-vivre ensemble de l’époque devrait apporter une note d’optimisme aujourd’hui » ajoute Myriame Morel.

Migrations divines apprend aux visiteurs que nos préoccupations contemporaines ne sont pas nouvelles et qu’entre différentes religions, d’autres rapports que le conflit sont possibles… Depuis des millénaires. L’exposition est visible du 24 juin et jusqu’au 16 novembre.

Kévin Derveaux
@KevinDerveaux

COMMENTAIRE


Laisser une réponse