Des dinosaures à la Sainte-Victoire il y a 80 millions d’années

SCIENCESPublié le 21 juillet 2015 à 16h59

En juin dernier, certains se pressaient dans les salles obscures pour voir Jurassic World, la dernière super-production américaine mettant en scène d’anciens habitants de la planète Terre. Mais pendant ce temps-là, d’autres cherchaient, eux, de vrais dinosaures dans le massif de la Sainte-Victoire. Des ossements et des oeufs présents depuis 65 à 80 millions d’années ont été trouvées lors de ces recherches financées par le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône. Cette période correspond aux dernières années des dinosaures sur Terre, eux qui sont apparus il y a quelques 230 millions d’années.

Pour extraire ces pièces à l’âge canonique, une multitude d’opérations de préservation est nécessaire : « on fait des poches de plâtre autour des oeufs ou des os, ce qui maintient bien l’argile en place et les oeufs par la même occasion », explique Thierry Tortosa, docteur en paléontologie et conservateur de la Réserve naturelle nationale Sainte-Victoire. Ensuite, il suffit de retirer la roche qui enferme les fossiles et d’achever le dégagement de roche à l’aide de petits instruments qui rappellent par leur sonorité et leur forme votre dernier passage chez le dentiste. Des dents intactes de dinosaures ont d’ailleurs été trouvées ainsi que des vertèbres ou encore des cervicales lors des dernières fouilles.

Un sol riche en dinosaures

Car la zone de fouilles est très riches en dinosaures. Six grandes espèces ont été remarquées dans le massif de la Sainte-Victoire. Le Titanosaure, qui ressemble au célèbre diplodocus en deux fois mois grand, ce qui représente tout de même quinze mètres de long. Le Rhabdodon, un autre spécimen herbivore capable de mesurer jusqu’à 6,5 mètres de long. Il y a également le Nodosauridae avec sa carapace blindée. Deux carnivores viennent s’ajouter à cette liste : le Raptor et l’Arcovenator, trouvé lors des travaux de l’autoroute A8. Et enfin de nombreux oiseaux, dont Gargantuaïs le plus gros oiseau découvert sur terre pour cette époque-là.

Une fois de plus, les recherches ont été fructueuses. Le produit des fouilles a été emmené à la réserve du Muséum d’histoire naturelle d’Aix-en-Provence. « Ces missions sont amenées à se renouveler. On va faire ça tous les ans en fonction des financements qu’on aura », annonce Thierry Tortosa. Mais pour lui, il s’agit avant tout d’exposer les pièces au public, « soit au muséum d’Aix […] soit dans un petit muséum sur site ». De quoi approfondir les connaissances des fans de Denver.

Hugo Lane
@LaneHugo

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