Frigolet, la potion magique de Châteaurenard

TERRITOIREPublié le 10 juillet 2015 à 18h13

Des parfums de garrigue, un célèbre conte de la littérature française, une histoire de famille, une recette ancestrale et tout ça dans une bouteille carrée… Voici le Frigolet. La distillerie de Châteaurenard produit le fameux élixir du révérend père Gaucher depuis 1865. Si la recette est bien gardée, la famille Inisan, gardienne du temple, ouvre ses portes à tous les curieux qui souhaitent en apprendre un peu plus sur ce breuvage atypique.

« C’est une liqueur très digestive », explique François Inisan, maître des lieux. « Si vous ne buvez pas la bouteille en entier, ça vous fera du bien ! », promet le distillateur. On le croit sur parole. Le Frigolet atteint tout de même les 43° degrés, mieux vaut donc digérer un diner qu’un petit-déjeuner. Si le grand gaillard aux yeux rieurs a la blague facile, il ne ment pas. La liqueur de Châteaurenard possède bien des vertus digestives, grâce aux plantes qu’elle contient.

Pas moins de trente végétaux entrent dans la composition du Frigolet. Du local pour les vertus médicinales : thym, romarin, mélisse… Mais aussi du tropical pour les saveurs : cannelle, clou de girofle, noix de muscade. « On met tout ça à infuser dans l’alcool pendant 48h, puis on le distille dans l’alambic », explique l’artisan. A l’issue de cette étape, on obtient un liquide qui avoisine les 90° : l’alcoolat de liqueur. « Inconsommable, mais l’essence, les saveurs du Frigolet sont là », précise François. L’artisan redescend ensuite le degré avec différent ingrédients, comme notamment un sirop de sucre. Puis le liquide est mis en fût de chêne pendant huit mois, avant d’être embouteillé. Un procédé qui n’a pas changé depuis presque deux siècles.

En 1865, un distillateur de Chateaurenard reprend la recette d’une abbaye voisine, Saint-Michel de Frigolet. Il décide de commercialiser la liqueur élaborée par les moines. Cent ans plus tard, la famille Inisan reprend la distillerie en conservant la même bouteille et la même étiquette. C’est encore le cas aujourd’hui. La liqueur de plante connaît également une histoire plus romancée, L’élixir du révérend Père Gaucher. Un conte écrit par Alphonse Daudet qui avait lui même résidé à l’abbaye dans sa jeunesse.

Malgré une histoire ancrée dans le passé, La distillerie Frigolet s’adapte au marché actuel. Elle exporte dans plus de dix pays étrangers, possède une boutique en ligne et développe même une gamme de pâtisseries à base de liqueur. L’élixir des moines du XIXe siècle compte bien continuer à réchauffer les coeurs du deuxième millénaire.

Chaque semaine, retrouvez le portrait d’un artisan local sur CityPost en partenariat avec la Chambre des métiers et de l’artisanat.

Kévin Derveaux
@KevinDerveaux

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