Portrait d’un artiste de rue… Batch

CULTUREPublié le 15 septembre 2015 à 15h35

King Kong suspendu à Notre Dame de La Garde, Sardinator sur le Vieux-Port ou Godzilla sur la place Castellane… Des affiches que vous avez sans doute croisées au moins une fois à Marseille. L’œuvre de Batch. Un street artiste qui relève les murs de la ville à grands coup de cocktails graphiques épicés.

Le travail de Batch s’inspire du graphisme des 50’s et 60’s. « J’adore le cachet de ces périodes-là, il y a vraiment beaucoup d’idées et de travail » lâche l’artiste. Playmates sexy, héros et monstres du cinéma de l’époque ou pochette de disque, l’univers de la révolution culturelle d’après-guerre inspire Batch.

Un street artiste

Le colleur compose souvent avec des images d’archives. «Il manque parfois des morceaux d’images et je dois les redessiner, précise-t-il, ça me permet de réaliser la difficulté du travail de l’époque ». Les travaux de Batch sont aujourd’hui exposés en galeries, déclinés sur des t-shirt, tirés en carte postales. Mais, comme nombre de street artistes, Batch est issu du graffiti et il en garde les deux principes de base : la rue et l’anonymat.

« La rue ça reste la plus belle des galeries », affirme l’artiste. Batch s’intéresse beaucoup au rapport à l’autre dans son travail. A l’impact de ses réalisations et au retour du spectateur, bon ou mauvais. Et selon lui, la réaction est plus intéressante dans la rue. « En galerie, les gens font la démarche d’aller voir une oeuvre. Dans la rue, on leur projette sans leur demander leur avis. C’est plus sincère, spontané ».

« je n’arrêterai jamais de poser dans la rue »

Batch se remémore une anecdote… Un dimanche à l’aube où il allait restaurer une pièce posée quelques mois plutôt : « j’étais sur l’échelle et une dame assez âgée m’interpelle en me criant dessus ». Batch, pris en « flag » se croit alors bon pour un sermon contre le vandalisme sur les murs du quartier… Il n’en est rien. L’habitante souhaitait juste qu’on ne touche pas à cette oeuvre qu’elle trouvait géniale. « Elle m’a offert un pain au chocolat et on a discuté. C’est pour des moments comme ça que je n’arrêterai jamais de poser dans la rue ».

Depuis 2013, Batch collait des affiches sur des faux évènements où il mêlait clins d’oeil humoristiques et monuments marseillais. Une manière de se moquer du programme de Marseille Capitale de la Culture en imaginant des fêtes improbables. L’artiste se tourne aujourd’hui vers de nouveaux horizons. Associer le collage avec la 3D, le relief. Comme le célèbre requin qu’il a posé l’année dernière… Mais si, rue Vian ! Ça ne vous dit rien ?

Kévin Derveaux
@KevinDerveaux

COMMENTAIRE


Laisser une réponse