Quand Marseille était Napolitaine…

CULTUREPublié le 12 novembre 2015 à 17h09

Marseille et Naples. La phocéenne et la parthénopéenne. La Bonne Mère et le Vésuve. Deux identités fortes que Michel Ficetola a réunies dans son ouvrage Marseille la Napolitaine (éditions Massaliotte Culture) à travers les témoignages de descendants d’immigrés napolitains. On trouve ainsi pêle-mêle des biographies d’Akhenaton, Jean-Claude Izzo ou encore Maurice Di Nocera le tout agrémenté d’images d’archives du Club cartophile marseillais.

Un ouvrage dans lequel on se perd volontiers et découvre un lexique d’expressions marseillaises empruntées au dialecte napolitain, des photos prises dans la « Petite Naples » (nom donné au quartier situé près de l’hôtel de ville, rasé en 1943) ou encore des traditions italiennes importées dans le sud de la France.

Devoir de mémoire

« Étant moi-même d’origine napolitaine, j’avais très à coeur de produire cet ouvrage », explique Michel Ficetola. À l’occasion de la sortie du livre, une soirée était organisée à l’Institut culturel italien (Marseille, 5e). L’auteur a pu signer quelques dédicaces et présenter son ouvrage à une bonne centaine de personnes.

Après quelques rappels historiques sur la difficulté des conditions de vie et la pauvreté des migrants napolitains, l’auteur en profite pour rappeler l’accueil réservé à ces néo-arrivants, rejetés par une partie des autochtones. De là à y voir un parallèle avec la situation d’aujourd’hui il n’y a qu’un pas que l’ancien professeur d’italien franchit : « les schémas se reproduisent et c’est malheureux. Ce que je veux montrer en filigrane dans ce livre c’est que le rejet de l’autre à toujours eu cours mais il faut se rappeler qu’à une époque l’autre c’était notre ancêtre. »

Un Napolitain en cuisine

Ce soir-là, à l’Institut culturel italien, beaucoup de descendants de Napolitains se remémorent des histoires de familles autour d’une assiette de pâtes. Deux sauces au choix : tomate/veau/saucisse/champignon ou le classique pesto genovese. Aux fourneaux ? Un chef italien bien sûr, mais napolitain de surcroît ! Raffaele Paparone vit à Marseille depuis une vingtaine d’années mais a su conserver l’hospitalité, l’humour et le goût des bonnes choses qui caractérisent les gens de sa terre natale. « Il y a des photos de moi dans le livre et je suis très content, c’est très bien pour tout le peuple napolitain de Marseille. Naples c’est comme Marseille et Marseille c’est comme Naples », lance-t-il, sourire aux lèvres.

Du côté de l’Institut culturel italien on se réjouit également de la sortie de cet ouvrage : « la présentation de l’ouvrage de Michel Ficetola s’insère totalement dans les missions de notre institut qui sont la promotion de la langue et la culture italiennes », affirme Nadia Matteucci, responsable communication et manifestations culturelles de l’institut.

Deux villes qui se ressemblent

Les Marseillais et les Napolitains partagent la même revendication identitaire. Ils sont Marseillais et Napolitains avant d’être Français ou Italiens. « Ce sont deux villes qui se ressemblent énormément : fondées par les Grecs, envahies par les Romains, bruyantes, populaires avec des habitants aux manières très théâtrales », lance Michel Ficetola les yeux remplis d’étoiles.

Il ne nie par pour autant les défauts de ces villes comme le crime organisé « qui est encore plus visible et nuisible à Naples qu’à Marseille ». Impossible cependant de le dégoûter : « j’aime Naples et Marseille pour leurs qualités et leurs défauts qui se voient plus qu’ailleurs car nous avons le soleil éclatant ! »

Hugo Lane
@LaneHugo

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