Conseils citoyens, c’est pas pour demain…

TERRITOIRE Publié le 2 décembre 2015 à 16h33

Faire le point sur la mise place des conseils citoyen à Marseille, tel était l’objectif de l’émission proposée par Radio grenouille le 1er décembre dernier. L’équipe du 88.8 organisait un débat retransmis en direct des grandes table de la friche : « Conseil citoyen, on en est où ? ». La dizaine d‘invités réunis a tenté d’éclaircir une situation complexe.

Nous vous en parlions il y a quelques mois sur citypost.fr, la loi Lamy du 21 février 2014 impose la création des conseils citoyens dans quartiers prioritaires. Une assemblée constituée d’habitants et d’acteurs locaux pour porter la parole et assurer la participation des citoyens à la constructions des projets de territoire. En juin dernier, le GIP politique de la ville de Marseille lançait le dispositif. Six mois plus tard, plusieurs problèmes persistent. A commencer par le nombre de conseil.

10 conseils pour 35 quartiers

Si la loi prévoit un conseil citoyen pour chaque quartier prioritaire, le GIP politique de la ville de Marseille a décidé de ne créer que 10 assemblées de 32 membres pour représenter les 35 quartiers concernés, soit 235 000 habitants. Un nombre qui semble d’autant plus faible au vu de la taille du secteur à couvrir par chaque conseil.

« Ce sont des zones géographiques qui semblent beaucoup trop grandes pour que les habitants parviennent à travailler à l’échelle de ces territoire », affirme Emmanuel Moreira, journaliste à radio grenouille. « Si les conseils citoyens sont à cheval sur plusieurs quartiers, comment voulez-vous qu’ils arrivent à travailler sur la rénovation urbaine propre à chaque quartier ? », interroge le producteur des trois huit. Par exemple, Saint-Thys et la Cayolle font tous les deux partie du conseil citoyen des 9 et 10e arrondissements. Ces deux quartiers sont pourtant éloignés de 9km. Autre sujet de discorde, la constitution des conseils.

« c’est du mépris »

Les membres du collège d’habitants sont tirés au sort sur les listes électorales, une méthode qui ne fait pas l’unanimité puisqu’elle n’est pas représentatives de tous les habitants des quartiers prioritaires. D’aucuns auraient préféré voir les listes de la Caisse d’allocation familiale (CAF) servir de base pour ces sélections.

Mis bout à bout, tous ces paramètres incitent certains à douter de la volonté de la ville à rendre efficace les conseils citoyens. « Je trouve que c’est du mépris par rapport à l’intelligence des habitants, lâche Fatima Mostefaoui, déléguée nationale de la coordination Pas Sans Nous, j’ai l’impression qu’on met en place les conseils parce que c’est obligatoire mais qu’on ne donne pas vraiment une chance aux habitants pour s’investir dans leur quartier ».

Pour exister officiellement, chaque conseil citoyen doit être reconnu par la mairie et la préfecture. A ce jour, aucun ne remplit ces critères à Marseille. La construction de ce nouvel outil démocratique est en marche mais semble bien loin d’être achevée…

 Retrouvez l’intégralité de l’émission de Radio Grenouille en podcast juste ici.

Kévin Derveaux
@KevinDerveaux

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